deboussole Dans le cadre d’une enquête sur les entreprises marseillaises, il m’échoit d’interviewer une tuilerie à Marseille. Mes recherches révèlent que les anciennes tuileries de Saint-Henri, de l’Estaque ont disparu et je trouve la société Lafarge, sise quartier Saint-Louis. Mais, réaliser cet interview s’avère un véritable casse-tête…

Déjà, pour décrocher l’entretien, il faut d’abord obtenir l’accord du siège de l’entreprise, à Paris. On me donne deux noms de responsables de la CLC Communication, qui pourraient donner un accord de principe. Je les appelle et une fois encore, la personne que je demande n’est pas disponible : on me renvoie vers un autre responsable, qui me promet d’envoyer un message confirmant l’heure, la date et le nom de la personne que je vais rencontrer. Et j’attends… Les jours passent, où je consulte et reconsulte ma boîte de reception. Ouf ! enfin, je reçois un mail fixant un rendez-vous avec le directeur de l’usine à Marseille, mais l’interview a été reporté trois fois pour indisponibilité car lors du deuxième contact téléphonique, l’assistante de direction a cru que s’agissant d’une revue en ligne, l’entretien se déroulerait par téléphone.

Le jour de l’interview tant attendu arrive enfin. L’adresse consultée sur internet _ chemin de Saint-Louis au Rove dans le 15ème, le trajet est évalué à une heure environ_ et l’enregistreur prêt _ou plutôt, le croyant_, Anne, l’assistante image, et moi sommes pressés de partir pour atteindre le site avec une demi-heure d’avance. Arrivés sur la Canebière pour prendre le bus, je m’aperçois que la cassette n’est pas dans l’enregistreur !... Vite, je retourne au bureau la récupérer. Anne me dit : « Nous nous reverrons au terminus ! » Au bureau, voilà qu’Anne a changé d’idée et laissé un message : « On se rejoint à l’usine Lafarge. » Il me faut donc trouver seul le site de cette entreprise, que je ne connais que de nom : « Bon, me dis-je, une telle société doit être visible et connue dans les environs. »

Trente minutes de bus plus tard, je suis devant l’arrêt Saint-Exupéry. Il est onze heures moins dix et le rendez-vous est fixé à onze heures ; rassuré par le délai indiqué par le plan selon lequel la société est à quatre minutes de l’arrêt, je demande au chauffeur où se trouve l’usine Lafarge en lui montrant la carte que j’ai en main : « C’est juste après le premier tournant, à droite ! » Je me dirige à l’endroit indiqué. Effectivement, un arrêt mentionne Saint-Louis le Rove. Je demande mon chemin aux passants, mais aucun ne semble connaître l’usine, pas même le marchand de fleurs qui se trouve à quelques mètres de l’arrêt de bus. Je retourne donc au terminus. Là, une autre personne me dit de remonter la rue Saint-Louis et de descendre une ruelle, qui mène à un lieu où se trouve _peut-être_ l’usine. Arrivé à la rue Saint-Louis, un passant m’affirme que le Rove se trouve du côté opposé : " Vous devez revenir sur vos pas, ou prendre un autre bus. " Je rebrousse donc chemin. Longeant la rue, je croise un homme qui sort de son bureau et m’enquiers de la direction du chemin de Saint-Louis au Rove ; il m’amène dans son bureau et demande l’adresse de l’usine à sa secretaire. Celle-ci semble bien connaître le site, et je me fie à ses indications, mais constate que je suis déjà en retard de dix minutes. Je dévale le chemin de Saint-Louis au Rove, pensant qu’un retard d’un quart d’heure pourrait être admissible. Vingt minutes de descente plus tard sur ledit chemin, je m’aperçois que je me suis trompé quelque part car après le numéro 170, le numéro 172 reste introuvable sur la route que je suis et qui est bien celle signalée sur le plan. Aucun passant en vue : il me faut appeller l’usine. Heureusement, l’assistante de direction me rassure : le directeur m’attend et finalement, elle m’aide à trouver la bonne direction. En fait, le site se trouve à l’intersection du chemin de Saint-Louis au Rove et d’une autre voie que j’avais ratée, imaginant que l’usine ne pouvait s’y trouver.

Finalement, toutes ces péripéties sont effacées par l’accueil chaleureux du directeur, qui m’a même remis un livre évoquant les activités de la société depuis sa création. À l’heure actuelle, l’interview est en cours de transcription… et mon GPS, en cours d’achat. À suivre !

Indications : Claude Ranaivo, décembre 2007 ; rédaction : Odile Fourmillier ; image : Anne Muratore.